Solidarité de la Fédération Internationale Syndicale de l’Enseignement FISE (FSM WFTU) avec la classe ouvrière népalaise et contre la dérive autoritaire et la répression des droits syndicaux au Népal
Vendredi 8 mai 2026

Le nouveau gouvernement dirigé par le Premier ministre Balendra Shah a entrepris une série d’attaques sans précédent contre les droits syndicaux fondamentaux des travailleurs népalais. En instaurant une véritable dictature au détriment des libertés démocratiques les plus élémentaires.
- Violations graves des droits syndicaux
- a) Suppression par ordonnances des syndicats de la fonction publique : Le 2 mai 2026, le gouvernement a fait adopter par le président Ram Chandra Paudel une ordonnance «Some Nepal Acts Amendment Ordinance– 207» qui supprime tout syndicat au sein de l’administration d’État et la fonction publique
- b) Restrictions visant les enseignants et le secteur public : Dès novembre 2025, le ministre de l’Éducation Mahabir Pun a annoncé que le ministère ne reconnaîtrait plus aucune fédération d’enseignants ou de professeurs qui est lié à un parti politique!, et a menacé de prendre «des mesures judiciaires contre tout enseignant ou employé engagé dans des activités politiques»!.
Par ailleurs, les fonctionnaires réclament depuis des mois une loi fédérale sur la fonction publique qui garantisse un syndicat national doté d’un véritable pouvoir de négociation collective. Le gouvernement, au lieu de répondre à ces demandes légitimes, choisit la répression.
- c) Suppression annoncée de la liberté d’accès à l’université : La même ordonnance du 2 mai 2026 interdit également tout syndicat étudiant lié à des partis politiques, et supprime tout espace de libre expression politique au sein des universités.
Cette attaque contre la liberté académique s’inscrit dans un projet plus large de mise sous tutelle politique des universités, alors même que des voix s’élèvent pour demander leur autonomie réelle.
- Violations des engagements internationaux et de la constitution népalaise
Le Népal a ratifié la convention n° 87 de l’OIT sur la liberté syndicale (1948) et la convention n° 98 sur le droit d’organisation et de négociation collective (1949). Pourtant, la suppression des syndicats de la fonction publique et l’interdiction des syndicats étudiants violent directement ces obligations.
- Appels et prise de position de la Fédération Internationale Syndicale de l’Enseignement FISE (FSM WFTU)
Face à cette dérive autoritaire sans précédent, la FISE :
- Exprime sa pleine solidarité avec la classe ouvrière népalaise, en particulier les enseignants, les personnels de santé, les fonctionnaires et tous les salariés du secteur public et les étudiants qui voient leurs droits fondamentaux bafoués.
- Proteste vigoureusement contre le gouvernement népalais qui abolit ou restreint la liberté de s’organiser et les droits syndicaux des travailleurs et des étudiants.
- Appelle l’ensemble des syndicats et organisations de défense des droits humains à l’échelle internationale à se joindre à cette protestation et à exercer toutes les pressions nécessaires – y compris par des mesures de solidarité active et des actions auprès des instances de l’OIT – pour obtenir le retrait immédiat des ordonnances liberticides et le rétablissement des droits syndicaux au Népal.
Pour le Secrétariat général de la Fédération
Internationale Syndicale de l’Enseignement (FISE)
Affiliée à la Fédération Syndicale Mondiale (FSM)
Le Secrétaire général : Drissi Abderrazzak
